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Cette école d'Arts Martiaux Traditionnels a été fondée à Bordeaux en 1975 par Frédéric DUPERTOUT. Par la forme et par l'esprit, elle ne le cède en rien aux écoles traditionnelles d'arts martiaux que l'on rencontre au Japon. Le karaté, le ju jitsu que l'on y enseigne sont issus des plus vieilles techniques que le Maître SANO Teruo reçut de ses anciens maîtres, et qui furent rassemblées sous le nom de "YOSEIKAN SANO RYU " - et plus récemment - "SANO RYU KARATE JUTSU" _________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ A PROPOS DU COPYRIGHT... Les éléments contenus dans le présent site (textes, photos, images, dessins, vidéos, sons), sauf bien sûr ceux relevant du domaine public, sont la propriété exclusive des Ecoles Bushido ou de leurs auteurs/créateurs. Ils sont issus des collections et archives privées de Maître Frédéric Dupertout, de Maître Mireille Auda, des éditions du Cercle du Jardin Public et de l'association des Ecoles Bushido. Toutes ces archives sont soumises au droit d'auteur. Elles ne peuvent en aucun cas être reproduites, modifiées, diffusées sans l'autorisation écrite et préalable des ayants droits

mercredi 26 novembre 2014

LE DECOURAGEMENT

Le découragement se manifeste de manières fort diverses : parfois il est le résultat de longues périodes d'échecs, la constatation que le succès est constamment remis à plus tard, et parfois au contraire, il s'abat comme une masse après un épisode cataclysmique que l'on percevra comme irréparable.

Certains y sont plus résistants quie d'autres, certains se ressaisissent assez vite alors que d'autres seront définitivement brisés mais, en fin de compte, rares, très rares sont ceux qui en sont totalement à l'abri.

Il peut paraître étonnant de constater que, même à des époques assez reculées, évoluant dans des contextes et des systèmes de pensée forcément très différents des nôtres, l'être humain réagissait de la même manière. Si on lit (ou si on relit !) les auteurs et les historiens latins - César, Tacite, Suétone, Ammien Marcelin - ou grecs - Thucydide, etc., on retrouve souvent un fait qui m'avait frappé dans son horreur et sa tristesse : les soldats vaincus, qui s'étaient battus comme des loups dans des conditions effrayantes devenaient immédiatement amorphes et soumis dès lors qu'ils étaient pris et conduits en esclavage. D'après tous ces auteurs, la métamorphose était presque immédiate, la résignation totale.

L'Europe de l'ouest, où nous vivons, est en ce moment exempte de telles tragédies et pourtant le découragement est omniprésent, qu'il se manifeste par un renoncement général, un déni de tout ce qui dérange ou une fuite crispée dans des habitudes absurdes.

Toutes ces réflexions n'ont de raison d'être que si nous précisons notre position à ce sujet : tôt ou tard, nous sommes tentés de baisser les bras, ou même de capituler... A la suite de quoi ? Pour quelle raison ? Mais la question importante, la question finale est : allez-vous baisser pavillon une fois pour toutes ?...


Ou allez-vous réagir ? Et ça prendra combien de temps ?

C'est la question que je vous pose !

A bientôt !

lundi 29 septembre 2014

LA RENTREE... ET VOTRE PROGRESSION

C'est la rentrée ! Vers le milieu du mois de septembre, après le repos estival, les enfants rentrent à l'école, leurs parents suivent le mouvement, et toute la société fonctionne imperturbablement sur ce rythme. Cette habitude est tout à fait charmante, un peu désuète, comme un parfum d'autrefois...

Sauf que votre agresseur n'attendra pas la rentrée !

Et votre progression dans tout ça ? Elle ne se résume pas en un mot, car il faut beaucoup de choses pour faire un ceinture noire, et encore plus pour faire un karateka accompli. Apprendre à se battre, et surtout à gagner est bien sûr indispensable et déjà, quand vous en serez là, ce ne sera pas si mal. Mais que dire du reste ?...

Rudyard Kipling, vous connaissez ? Mais si, le Livre de la Jungle, Mowgli (je parle du livre, bien sûr, pas de ce navrant dessin animé que les américains en ont tiré), L'Homme qui voulait être Roi, etc. Eh bien, Kipling a écrit un poème remarquable, sobrement intitulé "If". En voici la traduction française - et l'interprétation - par André Maurois :

Si...
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Rudyard Kipling
1865-1936

  Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
  Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

  Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
  Sans un geste et sans un soupir ;


  Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
  Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
  Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

  Pourtant lutter et te défendre ;
   
  Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
  Travesties par des gueux pour exciter des sots,
  Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

  Sans mentir toi-même d'un mot ; 


Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

 
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
 

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

 
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

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Rudyard Kipling

Et pour les puristes de la langue anglaise, l'original :

If
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Portrait de Kipling
par John Collier (1891)
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!

dimanche 31 août 2014

LES ARTS MARTIAUX ONT POUR BUT LA VICTOIRE !




Je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre un conte très connu au Japon. Je le considère comme un des plus instructifs concernant notre pratique. Mais je vous laisse le soin d'en tirer toute la leçon. Et il y aurait beaucoup à dire.

Le Samouraï et le chat zen


Un samouraï, pourtant expert en arts martiaux, n'arrivait pas à se débarrasser d'un gros rat qui avait élu domicile dans sa demeure et y faisait moult dégâts. Le rongeur était très vif et très malin. Il esquivait les coups de sabre et déjouait tous les pièges. Le maître des lieux finit donc par se rendre sur le marché pour acheter un chat. Un marchand lui fit l'article et il revint avec un jeune mâle plein de vie. Après une semaine de miaulements, de bonds et de cavalcades effrénées, le fringant matou était toujours bredouille.
Le samouraï mécontent retourna donc rendre le chat au marchand qui lui vanta aussitôt les mérites de sa dernière acquisition : un tigré dans la force de l'âge. A l'entendre, il n'y avait pas meilleur chasseur de rats !

Effectivement, le nouveau venu se montra plus expérimenté et plus subtil. Il restait de longues heures à l'affût derrière un meuble. Il se déplaçait en rasant les murs, rampait dans l'ombre sans éveiller l'attention. Mais au bout d'une semaine, le rat courait toujours. Furieux, le porteur de sabre rapporta le chat au marchand et lui réclama son argent.
Le samouraï rendait régulièrement visite à un moine zen d'un temple voisin. Il lui parla de son problème.
- Eh bien, lui dit le bonze, empruntez donc quelque temps notre vieux chat. Ici, grâce à lui, nous n'avons aucun rongeur !
Et il l'emmena dans le dojo où sur un zafu, un coussin de méditation, dormait un matou grassouillet quelque peu décati, le crâne à moitié dégarni en manière de tonsure. Le guerrier rapporta chez lui le minet et le déposa endormi sur un tatami sans que celui-ci ne paraisse s'être rendu compte qu'il avait changé de domicile.
L’attitude du chat monastique était des plus consternantes : il passait son temps à dormir sur le tatami, toujours à la même place, près du feu, ne se levant que pour manger sa pitance et faire ses besoins. A croire qu'il avait pris les mauvaises habitudes de certains moines qui, après s'être rempli la panse, faisaient zazen des heures durant en piquant du nez !
La semaine n'était pas finie que déjà le samouraï rapportait au temple cette bouche inutile à nourrir.
- Ne soyez pas si impatient ! s'exclama le bonze. Gardez-le encore quelque temps, faites-moi confiance. Je suis sûr qu'il finira par vous donner entière satisfaction.
Sceptique, le gentilhomme rentra chez lui avec le vieux matou. Les jours se succédèrent sans que son attitude ne change et, comme le dit le proverbe : quand le chat dort, les souris dansent. En l’occurrence, le rat en prenait de plus en plus à son aise. Il s'enhardissait même à venir tâter des plats qui allaient mijoter sur le feu, effrayant la servante. Le vieux matou, toujours immobile, ne montrant aucune réaction, le rongeur ne se soucia bientôt pas plus de lui que s'il était empaillé ! Et un jour, trottinant à portée de patte, il fut saisi par la brusque détente du chat zen. En un éclair, il était égorgé.
Le samouraï, qui avait assisté de loin à la scène, n'en crut pas ses yeux. Il se remémora l'un des principes de la stratégie chinoise : endormir la vigilance de l'adversaire. Il rapporta le vieux matou et fit un don au temple. Puis il médita la leçon et, dit-on, fit de notables progrès dans la pratique du sabre.

In "Contes des sages samouraïs" de Pascal Fauliot aux éditions du Seuil
Ouvrage dédié à son maître, Jacques Normand
 
Crédit : Philippe Flohic



dimanche 27 juillet 2014

HUMILITE ET MODESTIE DANS UNE ECOLE D'ARTS MARTIAUX

Certains pensent qu'il est souhaitable de se sous-estimer, de se dévaloriser, en un mot de rester humble. Et tant qu'on y est, on pourra aussi dénigrer son pays, sa culture, l'héritage de ses ancêtres, etc.

Cette attitude me met mal à l'aise. Il est rarement avantageux de se laisser humilier par quelqu'un, mais si on doit, en plus, s'y complaire, on peut se poser quelques questions...

L'humilité se justifie dans certains domaines, essentiellement vis à vis d'une divinité, ou même d'un mythe fondateur. Par contre, rien ne s'oppose à cultiver une certaine modestie. C'est complètement différent, et il serait dommage de confondre les deux mots.

Autant l'humilité est dégradante, autant la modestie, qui consiste à avoir une idée exacte et sans prétention de nos capacités, n'empêche pas une juste fierté. Cette attitude respectera absolument ceux qui n'ont pas les mêmes facilités naturelles et qui, dans une école d'arts martiaux, pourraient souffrir de comportements prétentieux.

Il est plus facile de mettre en avant ses faiblesses que ses points forts, car ainsi, on aura moins de responsabilités : "ne me demandez rien, je suis beaucoup trop faible !"... On voit quantité de façons de se tenir en retrait : ne pas prendre position, ne pas participer à la conversation, ne pas oser se présenter à un examen de passage de grade, privant ainsi le groupe d'un leader supplémentaire. Même si on voit les choses uniquement sous l'angle personnel, on sait qu'il vaut toujours mieux faire partie d'un ensemble fort et qui nous protège.

La question n'est pas tant de savoir si l'on est important (on l'est !), mais de savoir que le groupe dont on fait partie est important.

Alors, souvenons-nous que les gens modestes sont très agréables à fréquenter, mais que par contre, l'humilité a quelque chose de malsain, qui met mal à l'aise. Il n'y a rien de plus contraire à la voie des arts martiaux que de mépriser ses talents, si modestes soient-ils en apparence.

En visionnant une vidéo d'une rencontre où notre école avait fait une impeccable démonstration, j'ai été frappé par l'attitude de nos participants : la tête haute, le maintien poli et réservé, la tenue irréprochable.


Tout commence là...

A très bientôt.

mercredi 11 juin 2014

AVEZ-VOUS LU "HORACE" ?

Pierre Corneille (1606-1684)
Avez-vous lu "Horace" ? C'est une tragédie écrite par Pierre Corneille, jouée pour la première fois en mars 1640 et que l'on étudiait en 4ème, il n'y a pas si longtemps.

La pièce évoque un combat fameux qui s'est déroulé près de Rome sous le règne d'un de ses premiers rois, Tullus Hostilius (673 - 641 av. J.C.).

A l'époque, un même peuple, nouveau venu en Italie, avait fondé les villes de Rome et d'Albe. Malgré la présence de membres de mêmes familles dans l'une et l'autre cité, les tensions prenaient un tour dramatique car il s'agissait de savoir laquelle des deux dominerait le pays. Or, à force de s'entretuer, les deux armées s'affaiblissaient dangereusement. Il fut donc décidé de choisir de part et d'autre les trois meilleurs combattants, et de les faire se battre pour savoir quelle ville aurait la position dominante. A Rome : les trois frères Horatius, à Albe les trois frères Curiatius. Et tant pis pour les liens familiaux entre les Romains et les Albains.

Le combat
Dès le premier choc, deux frères Horaces furent tués et les trois Curiaces blessés plus ou moins grièvement. Au grand désespoir de sa famille et de ses proches, le seul survivant Horace prit la fuite devant les trois Curiaces, mais ceux-ci ne pouvaient pas courir tous les trois à la même vitesse. Le moins blessé prit de l'avance sur ses frères, fit face à Horace encore intact qui le tua facilement, puis ce fut le tour du second, et enfin du troisième.

Le Serment des Horaces
(Jacques Louis David - 1784)

Cet épisode légendaire et qui remonte aux origines de notre culture gréco-latine nous montre, une fois de plus, ce qui attend les courageux imbéciles qui croient encore réussir en se passant de l'aide des autres.

Cette histoire a traversé les siècles, et même les millénaires, et s'applique donc au combat de guerre comme à celui, virtuel, du temps de paix. Il concerne les individus comme les groupe humains.

Il serait dommage de l'oublier.

A bientôt !

dimanche 18 mai 2014

MALHEUR A L'HOMME SEUL *

* Vae Soli (Ecclesiaste, IV.10)

La perpétuation de notre espèce est basée sur la coopération. Il suffit de voir la puissance et l'efficacité des trusts et des lobbies et notre vulnérabilité en tant que personne isolée pour avoir une idée de ceux qui survivront.

Eh bien, malgré tout, il y a encore de joyeux naïfs qui rêvent de réussir seuls, sans rien devoir à personne. Le plus ahurissant est qu'ils sont nombreux ainsi, tout en redoutant la puissance des groupes organisés. Très nombreux...

Il y a deux sentiments souvent liés à ce fantasme du self-made-man : se sentir trop supérieur pour perdre son temps et son énergie à collaborer avec des minables, ou bien au contraire se juger trop médiocre pour espérer présenter un quelconque intérêt dans une action commune.

Il y a aussi, bien sûr, les gros malins qui ont pris l'habitude de se servir de ce que d'autres réalisent par leurs efforts, mais sans mettre la main à la pâte, on s'en doute ! On appelle ces gens des parasites et nous en connaissons tous. Il faut remarquer qu'il existe dans le monde animal des espèces parasites, certes, mais elles vivent en général au détriment d'espèces autres que la leur. Je n'irai pas jusqu'à dire que chez nous les parasites se considèrent comme étant d'une autre espèce, mais le moins qu'on puisse dire est qu'il ne faut pas trop se laisser approcher par eux.

Il est essentiel de repérer les parasites et de les éloigner. Mais il faut être tout aussi attentif à ne pas en être un soi-même car, outre que cela dénote une attitude infecte, il y a de fortes chances de se faire repérer et rejeter. Aucune entreprise ne peut survivre à la présence des parasites.

Pour en revenir à ceux qui se sur-estiment ou se sous-estiment, ni l'une ni l'autre de ces positions, au demeurant nécessairement fausses, ne justifient la non-coopération à une oeuvre commune : dans un organisme constitué, la défection d'un seul pénalise l'ensemble. La défection d'un seul...

Et si le véhicule marche mal, tous ses occupants arriveront fatigués et en retard.

dimanche 4 mai 2014

EXTREMISME

Les pratiquants d'arts martiaux japonais, quand ils ont la curiosité de lire les écrits des anciens maîtres, sont souvent surpris devant l'insistance des classiques sur la nécessité de l'extrémisme.

Comme il s'agit là d'un mot piégé (encore un, décidément...), il va provoquer des réactions automatiques de rejet, et on aura bien du mal à en débattre sereinement, en comparant les arguments. La plupart de ceux avec qui vous en parlerez ne démordront pas de leurs clichés : "Je suis contre tous les extrêmes". Il est vrai que quand on a des certitudes, il n'est nul besoin d'arguments !

On notera quand même une exception pour le "sport extrême" qui, lui, est l'objet de toutes les louanges. Allez comprendre !

Eh bien, à ceux-là qui préfèrent la modération, je m'amuserai à poser quelques questions. Par exemple :

- Comment vas-tu ?
- Mmm, moyen...
- Et ton boulot ?
- Moyen aussi...
- Bon, tant qu'on a la santé !
- Justement, ça va pas très fort.
- Je vois... Tes amours ?...
- Tout ça c'est pareil, très très moyen... 

On voit qu'à force d'être "moyen" l'ensemble est assez désastreux. Si vous poussez un peu les choses, vous constaterez que tous ces somnambules aux réponses stéréotypées sont pourtant assez incohérents. Ils préfèrent :
  • une épouse extrêmement fidèle plutôt que moyennement
  • voyager dans un avion extrêmement bien entretenu avec un pilote extrêmement bien formé
  • avoir affaire à des commerçants extrêmement honnêtes
  • se faire opérer par un chirurgien extrêmement compétent 
 
    La liste n'a pas de fin.
    Il ne faut pas oublier non plus la délicatesse et le sens de la nuance : on peut être extrêmement délicat ET extrêmement nuancé...
     


    Il existe en Inde une des plus anciennes religions du monde : le JAÏNISME. La non-violence des jaïns est telle qu'ils portent un léger tissu sur le nez et la bouche de peur de tuer un moucheron en l'avalant par mégarde, ils balaient le sol devant eux pour éviter de marcher sur un être vivant, etc. (1) 

    Symbole du jaïnisme
    (au centre l'inscription
    "non violence")
    Eh bien, si nous n'avions chez nous que les extrémistes de pareils extrémistes, nous pourrions dormir tranquilles non ?

    Vous qui habitez Bordeaux, peut-être aimeriez-vous connaître le sort des modérés pendant les périodes où la violence se déchaîne ? Alors allez voir place des Quinconces et regardez bien autour de vous, voire vers le ciel, pourquoi pas... Et méditez.


    A bientôt !
    ___________________________

    (1) C'est aux jaïns que le bouddhisme, bien plus tard, a emprunté cette idée de non-violence, ainsi que Gandhi, bien que de manière plus schématique..